1- Le grammage

Le papier aquarelle est un papier épais de 300g/m² minimum pour éviter qu’il ne gondole avec le travail de l’eau. Dirigez-vous vers du papier spécial aquarelle, le choix ne manque pas ! Certains papiers ont des grammages encore plus élevés jusqu’à 850g/m² par exemple.

⇒ Mon conseil

Utilisez du papier de marques reconnues dans les rayons spécialisés, et commencez avec un grammage standard de 300g/m², bien suffisant pour débuter.

2- La composition : coton ou cellulose

La papier aquarelle est généralement composé soit de coton soit de cellulose. Quand on débute, c’est une distinction à laquelle on ne fait pas toujours très attention lors de l’achat, alors que celle-ci est importante pour votre pratique de l’aquarelle.

• Théoriquement le papier 100% coton est de meilleure qualité car il est plus absorbant, il sèche de manière plus homogène, les fusions sont magnifiques, et on peut superposer plus facilement les couches de couleur. Rien qu’au toucher vous sentirez une vraie différence dans la texture du papier. L’inconvénient est que le papier coton est beaucoup plus onéreux ! Il faut savoir aussi qu’il est plus difficile de corriger ses erreurs en faisant des retraits de couleur car les pigments se fixent en profondeur. C’est un point qui pour moi n’est pas négligeable car dans ma manière de travailler les nuées et les fumées par exemple, j’aime flouter certains traits, ce qui est plus dur avec un papier coton. Le papier Arches est l’un des papiers les plus réputés en coton. Il est vraiment parfait à utiliser, même si je lui reconnais deux bémols : le rendu des couleurs très mat qui manque parfois de lumière, la couleur du papier en lui-même un peu trop ivoire à mon goût.

• Le papier en cellulose a l’avantage d’être beaucoup plus accessible au niveau budget. Lorsque l’on débute on peut avoir peur de gâcher du papier, donc c’est un papier très adapté à l’étude. A savoir qu’il y a aussi des différences de rendus selon les marques. Celui que j’aime le moins est le papier Canson Montval et celui que je préfère est le Moulin du Coq de Hahnemühle, plus lumineux à mon goût. A chacun de tester le papier qui correspond à sa méthode de travailler. Un mauvais papier cellulose peut vraiment être dérangeant pour travailler.

Exemple de papier intéressant pour leur rapport qualité/prix : Moulin du Coq d’Hahnemüle type cellulose et le Fabriano 100% coton.

Les fusions sont très belles avec du papier coton mais moins lumineuses, surtout avec le papier Arches très absorbant. Le papier Montval fusionne moins bien les couleurs en profondeur. Le Moulin du Coq très proche du rendu papier coton.

⇒ Mon conseil

Le choix du papier dépend surtout de ce que vous voulez peindre. Si vous voulez faire de l’aquarelle traditionnelle (paysage, nature morte) avec une technique très humide, vous devriez vite passer au papier coton qui sera mieux adapté. Si vous souhaitez peindre à l’aquarelle pour faire de l’illustration ou des sujets plus modernes, vous pouvez vous contenter d’un papier cellulose.Vous pouvez démarrer avec un gros bloc de 50 feuilles de papier cellulose pour faire des exercices et vos premières œuvres. N’hésitez pas ensuite à essayer quelques feuilles en papier 100% coton pour comprendre par vous même les différences. Bien avoir conscience qu’il n’y a pas de règles absolues et choisir le papier avec lequel on est le plus satisfait du résultat.

3- Le format

Quand on débute, le plus déconcertant peut être la multitude de formats et de supports qui existe dans la vente du papier aquarelle. Ce dernier peut être vendu sous plusieurs formes : blocs, feuilles, carnet… On résume ici les avantages des uns et des autres.

Le bloc encollé : les feuilles se présentent sous forme de bloc et sont collées entre elles sur un ou quatre côtés. Cette présentation est assez pratique car c’est du prêt-à l’emploi. On peut peindre directement dessus, la feuille ne va pas gondoler. Quand la peinture est sèche, il suffit de détacher sa feuille avec la lame d’un couteau. L’inconvénient est que le format est prédéfini et qu’il est plus compliqué de pencher sa feuille si on le désire. De manière assez standard, les blocs les plus courants contiennent entre 12 et 20 feuilles. Certains blocs vont cependant jusqu’à 100 feuilles. Bien faire attention au prix de la feuille à l’unité.

Les feuilles volantes ou en rouleau : il faut généralement tendre sa feuille sur un support pour éviter le gondolement. Cela demande donc une étape et du matériel supplémentaires. On peut aussi découper ses feuilles directement au format que l’on souhaite. C’est le plus économique si on achète ses feuilles en très grand format : on peut ensuite les redécouper comme on le veut (de cette manière le papier coton peut revenir au prix du cellulose). Recouper ses feuilles, les fixer sur un support, ça prend du temps et plus de place !

Le carnet : ce n’est pas le format le plus adapté à la pratique classique de l’aquarelle, mais on peut l’utiliser pour beaucoup de choses : peindre sur le moment, regrouper ses peintures au même endroit, faire un carnet de voyage, de croquis, d’idées… Il est aussi pratique d’avoir un carnet pour tester ses couleurs. C’est une utilisation plus personnelle.

En ce qui concerne les dimensions du papier, il y en a pour tous les goûts. A réfléchir que plus on peint sur un grand format, plus les pinceaux devront être gros.

Différents formats et marques de papier aquarelle : blocs encollés, carnet spirale…

Feuilles volantes vendues en grand format 56x76cm

⇒ Mon conseil

Je trouve que pour débuter le bloc encollé est assez pratique. Privilégiez les gros blocs en papier cellulose pour ne pas avoir peur de gâcher du papier. Si vous souhaitez peindre sur du 100% coton il est plus intéressant d’acheter des grandes feuilles à redécouper, même si les blocs encollés restent très pratiques. A savoir aussi qu’il existe du papier qui mixe le coton et la cellulose. Commencez sur un format intermédiaire comme le 24×32 ou encore plus petit selon vos sujets de représentation. Ne vous enfermez pas non plus sur du papier trop petit pour ne pas limiter vos gestes.

4- Le grain du papier

Le grain du papier aquarelle se regroupe en trois textures différentes : le grain satiné, le grain fin et le grain torchon. Le grain du papier dépend si celui-ci est pressé à chaud ou à froid lors de sa fabrication. A savoir que la texture entre les marques varient.

Le grain satiné : la surface est très lisse, peu marquée. C’est un papier que l’on conseille lorsque l’on fait des travaux détaillés ou d’illustration par exemple.

Le grain fin : c’est le grain intermédiaire, le plus courant. C’est un papier assez ambivalent qui convient à toutes les pratiques de l’aquarelle.

Le grain torchon ou gros grain : la surface est très marquée, très typique de l’aquarelle. C’est un papier moins adapté aux détails mais qui donne un vrai style selon la manière de travailler l’aquarelle, à la brosse sèche par exemple.

La définition du grain s’observe à l’œil nu. En haut : grain satiné, à gauche : grain fin, à droite : grain torchon

⇒ Mon conseil

Débutez votre apprentissage de l’aquarelle avec un grain fin, puis expérimentez les autres grains plus tard.

5- La marque

D’autres critères peuvent entrer en jeu lors du choix d’un papier. Par exemple, la couleur même du papier, qui va du extra-blanc à l’ivoire. Un papier plus beige fera peut-être moins moderne, mais un papier plus blanc sera peut-être davantage traité chimiquement. A vous de voir où vous mettez vos priorités. Certains papiers vont davantage désaturer l’éclat des couleurs au séchage. On entre dans des critères au cas par cas que vous observerez ou non selon les marques et même selon les modèles du papier au sein d’une même marque. On peut même se poser la question à savoir si différentes marques de peinture aquarelle ne vont pas réagir différemment sur un même papier. C’est pourquoi vouloir tester tous les papiers n’a pas forcément de sens et que les papiers qui ont fait leur preuve sont généralement conseillés.

Observer les variations du blanc de papier. A gauche : couleur « blanche » d’une feuille classique de bureautique, au centre : papier cellulose Moulin du Coq, à droite : papier coton Arches. La couleur du papier peut aussi être un critère de choix, esthétique, traditionnel ou même écologique.

Comparaison de 4 marques de papier. En technique humide sur sec (la couleur est appliquée directement sur papier sec) : fondu entre un jaune et un orange, puis ajout d’une ombre avec un bleu qui granule. Les résultats sont dans l’ensemble assez similaires et dépendent davantage du dosage de l’eau sur le pinceau. Le papier Arches se démarque avec un fondu plus doux (les pigments mieux absorbés et le papier humide plus longtemps moins propice aux auréoles que le Fabriano).

En technique humide sur humide (l’intérieur du cercle est mouillé avant de déposer la peinture) les pigments migrent plus facilement sur du papier cellulose et de manière assez aléatoire, ce qui se traduit par un résultat beaucoup moins uniforme et plus boueux ! Le papier Montval en a fait qu’à sa tête, sûrement car il a séché trop vite ! Les fusions sur papier Arches sont toujours aussi belle.

Petite comparaison pour vous montrer que sur des petites surfaces, les différences ne sautent pas forcément aux yeux. Cependant, selon le papier, l’eau va sécher plus ou moins vite, la peinture va plus ou moins granuler, les fusions vont se faire de manière plus ou moins homogène…

Conclusion

Le choix du papier s’avère un critère assez important pour réussir une aquarelle. Il ne s’agit pas non plus d’une quête absolue pour trouver le papier idéal ou miracle, mais selon la façon dont vous peignez, le papier peut vraiment vous faciliter ou non le travail. Si vous n’arrivez pas à réaliser de beaux effets à l’aquarelle, interrogez-vous sur le modèle de papier utilisé. Les pigments ne réagissent pas de la même façon sur les différents papiers, certaines techniques seront plus faciles à réaliser avec tel ou tel papier. Il y a aussi le ressenti personnel à prendre en compte, il faut parfois faire quelques tests pour trouver son papier coup de cœur.

En outre, les critères les plus importants pour moi à prendre en compte :

  • le prix par rapport à votre budget et votre rapport à l’activité (passe-temps ou vente)
  • la composition cellulose ou coton par rapport à votre manière de travaillez notamment dans l’humide
  • la reconnaissance de la marque, sa bonne distribution, savoir que c’est un papier que vous pourrez racheter sans problème une fois le stock épuisé

Mon dernier conseil : la pratique de l’aquarelle demande de bien connaître son papier, comment réagissent les pigments dessus, et pour cela il faut éviter de changer de papier tous les jours ! Quand on connaît bien son papier, on va savoir doser correctement l’eau dessus et éviter les mauvaises surprises lors du séchage.